Enseignement Agricole
L’analyse du SNETAP-FSU Centre
Article mis en ligne le 12 février 2015
dernière modification le 12 mars 2015
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Bilan rentrée 2014

La baisse des effectifs constatée à cette rentrée est manifestement liée pour l’essentiel à la fin du double-flux généré par la réforme de la voie professionnelle. Pour autant, l’analyse de l’accessoire – à savoir les autres éléments qui concourent même à la marge à cette baisse de notre recrutement – se doit d’être approfondi chiffres à l’appui, or le SNETAP-FSU regrette que jusque là (après un CTREA et un CREA), le DRAAF-SRFD s’en tienne au fait que « la part du double-flux est importante et primordiale dans cette baisse, même s’il n’explique pas tout » et n’ait pas été à même d’affiner les données fournies et de compléter son appréciation. Mais peut-être ce CAEN va-t-il être l’occasion d’approfondir cette question clé pour la suite.

Le SNETAP-FSU, lui, a poursuivit son analyse, sur la base des effectifs présents dans nos classes à la rentrée, les places « contractualisées » avant l’été et surtout avec les vœux des élèves. Que nous apprennent ces chiffres ? Que le décalage entre les places disponibles et les demandes en 1er voeux est majeur – 270 élèves potentiels n’ont pu de fait se voir proposer une place, dont 232 en Seconde Professionnelle…

Traduction 270 rejets d’élèves en 1er vœux : soit en Sde Pro (232 élèves rejetés) sur Fondettes (12 + 19), Bourges (16 + 5), Chambray (32 + 4), Amboise (17), Montargis (14), Chtx (7 + 19), Montoire (6), Beaune (4 + 19), Vendôme (22 + 2), Blois (34) / soit en Sde GT (23 élèves rejetés) sur Chtx (8) et Fondettes (15) / soit en 1ère STAV (14 élèves rejetés) sur Vendôme (8) et Fondettes (2 + 2) + combat pour garder nos redoublants en juillet !

Cette façon qu’aurait ici l’institution de se défausser sur l’outil de gestion des flux, voir pire sur l’inconstance des familles, est pour le SNETAP-FSU proprement inacceptable. Et même si un certain nombre d’élèves et de familles sont susceptibles de changer d’avis quant à l’inscription dans tel ou tel lycée, ce phénomène ne saurait jouer autrement qu’à la marge. Pour être concret, quand un proviseur de l’EAP participe d’une réunion de bassin avec ses collègues de l’EN pour faire le point sur les inscriptions en Seconde GT et qu’il n’a pas autorité pour aller au-delà de deux classes « plafonnées » d’autorité par le DRAAF-SRFD à 24 pour raison de moyens… il ne répare jamais (si les demandes sont au rendez-vous) qu’avec le nom des 48 élèves qu’il est à même d’accueillir dans son établissement et une petite liste complémentaire, qu’effectivement les familles auront tôt fait de quitter afin d’assurer pour leurs enfants une inscription en bonne et due forme dans un autre lycée, en capacité lui d’honorer sa mission de service public ! Le SNETAP-FSU qui a obtenu de la nouvelle majorité que ces plafonnements d’effectifs des lycées publics soient « assouplis », continue d’exiger qu’ils soient purement et simplement abrogés, avec un retour à un prévisionnel d’effectifs ajusté comme il devrait être d’usage à l’aune des inscriptions. Mais pour cela, il faut investir davantage encore dans notre jeunesse et accorder l’ensemble des moyens disponibles au seul enseignement public !

Structures – carte des formations rentrée 2015

Sur la forme, trois points à saluer et pérenniser concernant l’élaboration de la carte de la voie professionnelle : un calendrier respectueux de la consultation des instances, un groupe de travail du CAEN ad hoc se réunissant dès début novembre permettant de vrais échanges de fond avant décision avec les représentants des personnels et des parents d’élèves, et une consultation formelle des CA des EPL repositionnée en amont du processus conformément à leurs prérogatives (engagement pris par les autorités académiques et le Conseil régional lors du groupe en question le 4 novembre). Des interrogations qui demeurent : sur l’absence de visibilité à 3 ans (en contradiction avec la lettre d’orientation co-signée par le Président du Conseil Régional, le Recteur et le DRAAF) et sur les modalités de vote en bloc dans les instances consultatives…

Sur le fond, le SNETAP-FSU ne peut que constater l’absence de capacité de l’EAP à répondre à la hausse démographique en cours… et s’alarmer pour les années à venir – le bassin de reversement étant clairement à trouver dans l’enseignement privé. Le faible nombre de priorités retenues au niveau régional est ainsi à la mesure de ce manque de moyens pour dire clairement les choses…
Et même si d’une priorité au moment du groupe CAEN de début novembre (une section avec 8 élèves sur le LPA de Chambray), on est passé à deux (avec la requalification d’une seconde pro sur le LEGTA de Chartres), les autorités régionales ayant en cela suivi l’avis du SNETAP-FSU, nous ne pouvons nous satisfaire de ce manque de souffle et d’ambition pour notre appareil public.
Enfin, nous tenions à nous opposer avec la plus grande vigueur à la proposition régionale qui consiste à classer en 2de priorité pour l’Enseignement Agricole Privé l’ouverture d’un BTS ACSE par voie scolaire à la MFR de Noyant de Touraine – rappel : déjà opposition forte à l’ouverture de ce même BTS par apprentissage… en regard de l’offre publique avec les BTS PA de Fondettes et Vendôme, sur fond de stabilisation difficile de nos recrutements respectifs. Depuis l’ouverture par apprentissage, des élèves de STAV Production de Fondettes ont ainsi été amenés à rejoindre le BTS ACSE de la MFR… Une ouverture par voie scolaire amènerait une concurrence directe et dans un contexte de recrutement qui demeure défavorable (offre en l’état déjà saturée). Ces données sont objectives (et les 6 apprentis du BTS ACSE de Noyant en témoigne), en conséquence, nous le redisons avec force (faute d’avoir été entendus en CREA), les Personnels de l’EAP que nous représentons ne comprendraient pas que l’avis de la DRAAF soit favorable dans un tel contexte, ou alors il ne restera plus aucune crédibilité à nos autorités de tutelle quand elles se réclament de plans régionaux stratégiques et autres cartes scolaires concertées…




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