CTA du 20 mars 2018

Déclaration de la FSU Centre.

Article mis en ligne le 20 mars 2018
dernière modification le 19 avril 2018
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Le projet présidentiel est de plus en plus clair : déconstruire les solidarités, casser les cadres
collectifs, individualiser, opposer les uns aux autres. L’appel à la solidarité intergénérationnelle pour
justifier la hausse de la CSG pour les retraités est insupportable, alors que la réforme de l’ISF fait
que des milliards d’euros d’impôts n’iront pas dans les caisses de l’État, et que les restrictions dans
les Ehpad conduisent à ne pas accompagner dignement certains retraités parmi les plus fragiles.
Dans cette perspective, l’attaque contre les services publics qui garantissent le cadre commun est de
plus en plus présente. Le statut est jeté en pâture pour justifier la nécessité de réforme, au nom de
l’efficacité, que ce soit dans le service public ferroviaire, la santé ou dans l’éducation.
La volonté du gouvernement de remettre en cause le fonctionnement des instances (CT, CHSCT,
CAP) est inacceptable, tout comme le développement de la précarité dans la fonction publique via
le recours accru aux contractuels. De même, la vieille antienne du mérite, et de la rémunération qui
y serait adossée, n’est pas un gage de meilleure efficacité du service public, en particulier dans
l’éducation.
Cette individualisation se retrouve sans surprise dans la réforme « parcoursup » et celle du bac et du
lycée. L’élève est sommé de choisir et d’être désormais « auto-entrepreneur » de lui-même. Et gare à
lui s’il ne répond pas rapidement quand il aura la chance d’être pris quelque part ! Concernant
l’orientation, les sociétés privées ne s’y sont pas trompées : elles se jettent sur ce nouveau marché de
l’angoisse, puisque l’état ne se donne pas les moyens d’assurer son rôle de conseil en orientation, en
ne créant pas des postes de Psy-EN, et alors que le rectorat supprime des postes de secrétaires dans
les CIO. L’orientation scolaire est un métier, qui ne saurait être confondu dans tous les sens du
terme dans un SPRO, et de l’adaptabilité à l’emploi local.
Concernant le nouveau bac général et technologique, les nouvelles modalités des épreuves percutent
à la fois l’organisation des enseignements et l’exercice du métier d’enseignant. Elles conjuguent le
renvoi au local avec une bureaucratisation renforcée de l’évaluation. Le nouveau bac se caractérise
d’abord par l’institutionnalisation du contrôle continu comme évaluation certificative du premier
grade universitaire, dont les arrêtés peuvent d’ailleurs fixer librement la part qu’il occupe. Il est aussi
intéressant de constater que l’argument principal donné à cette réforme était de le simplifier et de le
rendre moins coûteux...alors que ce ne sera pas le cas. Le nouveau bac est désormais affublé d’une
nouvelle maladie : la folie certificative. En effet, les second et troisième trimestres de la première
verraient toutes les matières évaluées en épreuves communes, soit 16 épreuves, puis 6 en terminale
en avril.
Le bac technologique, s’il garde ses séries, perdrait ses spécificités, et semble vider ce qu’il reste de
technologique dans ces séries. La valorisation de l’écrit dans ces séries va fortement mettre en
difficulté une partie des élèves.
Quant au grand oral, qui n’a de grand que le nom, il apparaît pour l’instant comme une coquille
vide, n’ayant ni horaires dédiés, ni cadrage.
La liberté pédagogique est également fortement attaquée, puisque l’organisation des épreuves
dépend de l’établissement, y compris en s’associant à d’autres lycées, sachant que les sujets choisis
doivent tenir compte de la progression pédagogique. Est-ce à dire que la progression devra être
identique pour tous ? Imposée par la forme des épreuves mêmes ?
Il y a là un singulier contraste, voire une singulière contradiction, à vouloir promouvoir sans cesse
l’individualisation de l’enseignement, l’adaptation à chaque élève, en voulant l’insérer à toute force
dans une procédure certificative qui fait fi de cette même individualisation.
Le projet académique, sur lequel nous avons à nous prononcer, souffre en partie de cette même
contradiction.
Concernant ce projet, si nous sommes satisfaits de la méthode qui a été adoptée pour construire ce
projet, des améliorations qui y ont été apportées, et de certains constats ou de certaines propositions
qui vont dans le bon sens, des éléments restent profondément insatisfaisants.
Concernant l’enseignement professionnel, les récentes déclarations du DGESCO sont inacceptables.
Les lycées technologiques et professionnels ont su montrer depuis des années leur utilité dans la
démocratisation du système éducatif et dans l’élévation générale des qualifications. En accueillant
tous les élèves, quelles que soient leurs origines, ils participent à l’insertion de nombreux jeunes.
C’est ce modèle que le gouvernement a décidé d’attaquer, en faisant la promotion à tout va de
l’apprentissage.
Côté 1 er degré, le bilan des cartes scolaires met en lumière les mensonges grossiers du ministre et les
engagements non tenus du Président de la République vis-à-vis de l’école rurale. L’investissement
nécessaire pour l’Education Prioritaire n’étant pas financé à hauteur, les moyens sont ponctionnés
dans tous les autres secteurs et notamment retirés aux écoles rurales au risque bien réel et présent de
créer des déséquilibres sociaux et territoriaux.
Le 22 mars, la FSU et l’ensemble des ses syndicats au sein de l’intersyndicale de la Fonction
Publique appellent à la grève la plus unitaire possible autour de 3 thèmes : missions publiques,
emplois, pouvoir d’achat. Pour la FSU, il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à une fonction
publique moderne, dans le sens où cette modernité doit être encore plus gage d’égalité et de
solidarité.
Ce n’est pas le choix du gouvernement, qui semble vouloir abandonner certains pans de la fonction
publique, ouvrir de nouveaux marchés au privé, et continuer de paupériser les fonctionnaires.




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