CAEN du 06 avril 2018 - 1/2

Déclaration liminaire de la FSU au CAEN du 6 avril 2018.

Article mis en ligne le 19 avril 2018
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Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement et le Président de la République ne cessent d’attaquer les services publics en général et la fonction publique en particulier. Les annonces faites lors du comité interministériel de transformation de l’action publique et le contenu du document de cadrage remis aux organisations syndicales avant-hier ne font que confirmer les objectifs dénoncés par la FSU du programme « action publique 2022 » :

- réduction de 3 point de PIB de la dépense publique consacrée aux services publics,
- suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires sur 5 ans,
- mise ne place d’un plan de départs volontaires,
- transferts de mission vers le privé,
- recours accru aux agents contractuels.

À cela s’ajoute une attaque contre les instances de démocratie sociale par la remise en cause du rôle des CAP et la possible fusion des CT et CHSCT.

C’est donc l’architecture et la nature du statut général de la Fonction Publique qui est remis en cause. C’est également à une opération de refondation du modèle social français à laquelle se livre le gouvernement. Ainsi, lorsque le ministre Macron disait ne pas comprendre ce qui justifie l’emploi « à vie » des fonctionnaires, ou que le candidat du même nom trouvait le statut « inadapté », il ne faisait pas seulement référence aux fonctionnaires, mais il envoyait un message à l’ensemble des citoyens : le modèle de société visée est celui de la compétition permanente entre les travailleurs, celui de la précarité généralisée, celui de la primauté des intérêts particuliers sur l’intérêt général. L’objectif est bien l’appauvrissement général des garanties collectives.

Au contraire, le statut général, dans sa conception, garanti l’égal accès aux services publics, leurs présences sur l’ensemble du territoire, l’indépendance et la neutralité des agents, bref, il garantit l’égalité des droits des citoyens et des usagers. C’est donc une garantie démocratique. Le remettre en cause, c’est affaiblir la démocratie.

La FSU demande le retrait du document d’orientation présenté le 3 avril et l’ouverture de discussions visant à renforcer le statut et à développer les services publics du XXIème siècle.

En ce qui concerne l’éducation et l’enseignement supérieur, le parlement a adopté la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) qui marque un profond recul pour la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur.

La mise en place de « parcoursup » s’est faite dans un vide juridique sidérant puisque les textes réglementaires n’ont été publiés que le 9 mars au JO, soient 2 jours ouvrables avant la fin de la saisie des vœux et malgré un vote défavorable du CSE. Cette plateforme n’a aucunement pour objectif d’améliorer l’ancien système APB, mais de décourager les élèves les plus fragiles, en les amenant à se censurer dans leurs demandes d’orientation :

- par le biais d’une procédure lourde qui demande aux élèves CV, lettre de motivation et autres supports d’évaluation d’un engagement, et qui leur oppose des attendus discriminants et impossibles à décrypter clairement pour un lycéen ;

- par l’absence de transparence dans la manière dont seront traitées et retenues les candidatures ;
- par l’horizon des capacités d’accueil limitées par les Universités ;

Aujourd’hui, les universités, qui doivent classer les demandes des étudiants, se retrouvent devant une tâche insurmontable qui va aboutir à une situation de blocage. Ainsi, le tirage au sort qui n’avait concerné qu’une infime minorité d’étudiants se transforme en loterie pour la majorité.
La loi ORE ne pourrait toutefois pas être totalement comprise si on ne la rapproche pas de la réforme du baccalauréat et du lycée telle qu’envisagée par le ministre. En fait, les choix des élèves dès la classe de seconde détermineront leur orientation post-bac. On aboutit donc à un lycée d’initiés où les jeunes sont transformés en auto-entrepreneur d’eux-mêmes. Cela est d’autant plus inquiétant que les éléments contenus dans l’outil d’aide à la décision fourni aux universités prévoit de pondérer les résultats des élèves de façon opaque. Il est indispensable que critères retenus par les universités pour établir leur classement soient publiés.

Les derniers projets de textes montrent bien que la réforme est en premier lieu un exercice comptable en plus d’être dogmatique. Ainsi, la future classe de seconde voit l’horaire élève obligatoire abaissé à 26 h hebdomadaires, ce qui permettrait la suppression de 2700 postes. Tous les enseignements d’exploration sont relégués au rang d’options facultatives. La voie technologique se trouve donc particulièrement impactée.

Au cours du cycle terminal, de nombreux dispositifs disparaissent ou n’ont plus d’horaires dédiés (TPE, AP). La préparation au grand oral, mesure phare du nouveau bac, sera prise sur les horaires disciplinaires. Si on ajoute le temps consacré à la trentaine d’épreuves prévues sur les deux ans, on peut légitimement s’interroger sur le temps que les professeurs pourront consacrer à l’enseignement. De nouvelles disciplines apparaissent telles que sciences numériques ou enseignement scientifique alors qu’aucun professeur n’est en mesure de les enseigner et qu’elles n’existent pas comme telle au niveau universitaire. Le choix des spécialités peut conduire à des aberrations comme, par exemple, un parcours sans mathématiques avec des sciences de l’ingénieur.

En outre, les nouvelles modalités d’examen augmentent de façon conséquente le contrôle local, que ce soit par le biais du CCF ou du contrôle continu. Les élèves seront soumis à une évaluation permanente et les relations avec les équipes pédagogiques seront profondément transformées. La FSU demande le retrait des projets de décrets et d’arrêtés sur le bac et l’ouverture de réelles discussions pour refonder le lycée autour des trois voies, organisées en séries. Afin de garantir l’égalité des droits pour l’ensemble des lycéens, le baccalauréat doit être organisé autour d’épreuves terminales nationales et anonymes.

Enfin, nous terminerons cette déclaration par quelques sujets d’actualités régionales ou académiques.

Tout d’abord, il nous semble urgent qu’un CAEN en section supérieur soit convoqué. Il nous semble nécessaire, en raison de l’adoption du nouveau SRESRII par le conseil régional et de l’évolution du dossier concernant la COMUE, qu’une instance regroupant les acteurs concernés ait lieu.

Ensuite, sur la mise en place du DNMADE. La réunion du 30 mars est loin d’avoir levée toutes les questions des collègues concernés. Le plan de formation prévu pour les professeurs doit être précisé très vite afin de faciliter la préparation de la rentrée prochaine. Par ailleurs, la mobilité des personnels comme des étudiants qui est envisagée laisse les collègues dubitatifs. Pour notre part, nous continuons à considérer qu’il faut ouvrir une première année de DN MADE dans chaque établissement public de l’académie où se trouvait implanté un BTS.

Enfin, nous dénonçons la tentative de la région d’utiliser les canaux administratifs, en particulier des CIO, pour diffuser une pétition favorable à l’apprentissage. De même, nous dénonçons l’usage qui a été fait de l’ENT pour diffuser cette même pétition auprès des élèves, des parents d’élève et des personnels. Nous considérons qu’il s’agit d’une atteinte inadmissible au principe de neutralité du service public.




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